07 mars 2009

LiDé, ma vision sur ce projet... au présent ou au passé...

Au début était un brillant intellectuel flamand, ancien chef de cabinets wallon et flamand, qui avait écrit un programme économique pour un de ses amis, séparatiste et populiste.
Problème pour cet intellectuel économiste, il était belgicain et ne pouvait donc se présenter sur les listes de cet ami.

Il avait des idées, plein d’idées et pour en parler, il regroupa autour de lui d’autres intellectuels, des écrivains, des économistes, des chefs d’entreprise, des politiciens sur le retour ou des élus qui ne se plaisaient plus dans leur parti.

De ces discussions, sortit l’idée qu’un nouveau mouvement politique pouvait voir le jour pour relancer la Wallonie vers l’épanouissement. Pour passer à l’acte, une asbl fut créée : elle était composé de l’économiste, d’un chef d’entreprise à la fibre sociale et d’un entrepreneur féru de démocratie participative et de développement durable. L’économiste fut nommé président et il prit les rennes de la communication, car c’était un de ses points forts.
De l’interaction des 3 hommes et de quelques autres, un programme démocrate libéral sortit de terre avec 10 priorités de base. Le mouvement ressemblait furieusement à un mouvement citoyen « à l’écolo » avec de bonnes idées prises dans tous les partis.

Pour faire un parti spécifique, il fallait un programme. Il fut décidé d’organiser des universités pour discuter de divers points du programme. Une première erreur fut d’organiser ces réunions pour arranger l’horaire du président : vers 16h. Ce parti qui voulait être celui des "travailleurs" ne leur donnait pas la possibilité de participer à la mise en place de son programme. Le résultat ne fut donc pas à la hauteur des espérances car l’organisation faisait défaut. J’ai participé à l’université sur l’enseignement et ai demandé plusieurs fois les rapports de cette université. Le rapporteur n’a jamais pu me les fournir. Pourtant, de bonnes idées avaient été présentées. Il ne restait qu'à faire un programme plus direct et plus simple et faire référence à tous les écrits existants pour les détails...

Ensuite, puisqu’il y avait des élections, il fallait des responsables dans les arrondissements électoraux. Malheureusement, plutôt que se concentrer sur la constitution d’une base solide, de membres exempts de tous reproches, une course folle à l’élection se mit en place. Ce fut la seconde erreur. De cette inorganisation ne pouvait naître qu’un certain chaos.

Vaille que vaille, les plus motivés des coordinateurs désignés avaient réussi à mettre des équipes en place, trouver des candidats mais quelque chose clochait : malgré leur certitude sur le bien-fondé de leurs actions, ces coordinateurs recevaient en pleine face le fait que le parti qu’ils défendaient était populiste, poujadiste, extrémiste et que c’était le parti d’un seul homme. Une sorte de "Liste Rudy Aernoudt".
En effet, troisième erreur, l’économiste avait pris - comme convenu au départ - seul possession des médias mais le résultat n'était pas celui prévu. Un seul sujet passait dans les médias : l’économie. Celui-ci accumulait les fautes de communication : blague sur les chômeurs, reconnaissance que le populisme n’était pas une mauvaise chose,acceptation de la présentation de LiDé comme d'un mouvement "radical de droite", etc.

En parallèle, alors qu’il devait négocier en collaboration avec ses co-fondateurs, avec tous les partis démocratiques, il se focalisa sur le « moins mauvais » des collaborateurs possibles. Quatrième erreur, il négocia seul, sans communiquer en interne : aucun accord clair et signé, des collaborateurs qui apprenaient par les médias le contenu des discussions, etc.
Il alla même jusqu’à présenter devant les médias des candidats qui avaient texto expliqué qu’ils ne le désiraient pas, et que cela leur posait même un problème certain.
La cerise sur le gâteau fut de décider de s’attaquer de front à un parti, certes peu honnête intellectuellement avec qui il avait négocié, alors qu’on lui disait de ne surtout plus jouer l’agressivité, car l’image de parti « qui se voulait au dessus de la mêlée » était déjà écornée.

On s’éloignait de plus en plus du projet présenté à l’origine : un parti qui s’appuie sur une base démocratique solide, avec des idées dans tous les domaines, au dessus de la mêlée. Le parti ressemblait de plus en plus - à tort ou à raison - au parti d’un président tout puissant qui n’avait des idées que sur l’économique et l’institutionnel. Oublié le social, oublié le développement durable, oublié l’enseignement, etc. Non, mais non médiatisé... Quel était le problème ? Une course en avant vers des élections qui à la base, n’étaient qu’une étape pour un projet à plus long terme.

Pour couronner le tout, les médias et les politiciens qui trouvaient l’économiste brillant quand il ne faisait pas de politique avaient décidé de le démolir en le faisant passer pour un homme dangereux, en allant jusqu’à le présenter – à mots couverts – comme un Degrelle en puissance…

Celui-ci était dépassé par les évènements et il agissait dans l'urgence : décidant de plus en plus seul, se défendant directement sans réfléchir aux conséquences de ses actes. Il alla jusqu’à exclure à travers les médias sans lui laisser la possibilité de se défendre un coordinateur soupçonné de collusion avec l’extrême droite suite entre autres à ses relations avec un économiste ultra catholique … alors qu’il avait lui-même écrit la préface d’un livre de cette personne.

Le mouvement politique était de facto complètement grippé, parce qu’il n’avait pas pris la peine de mettre une base solide derrière le projet non simpliste, non purement économique et certainement pas prévu pour devenir le parti d’un seul homme, comme la liste de son ami également flamand l’était.

Maintenant, la crise a éclaté : la confiance entre les fondateurs n’existe plus. D’un côté, certains pensent que le brillant économiste flamand fait cavalier seul depuis le début, voire pire qu’il l’avait prémédité.
De l’autre côté, celui-ci doit se demander pourquoi ce projet qui en Flandre avait rapporté plus de 15% des voix à son ami flamand ne motive pas plus les autres, car il est persuadé qu’il avait un outil pour gagner des élections.

On peut donc se dire que depuis le début, il y a une incompréhension entre les fondateurs. D’un côté, LiDé devait devenir une « Liste Rudy Aernoudt » forte et victorieuse à court terme et de l’autre, LiDé devait devenir un « Ecolo de droite » citoyen et stable à long terme.
Les deux projets ne sont pas compatibles. Il faut maintenant trancher dans le vif. Les membres du parti doivent choisir. Si c’est la « Liste RA », il y aura sans doute des victoires pour un parti radical à la droite du MR. C’est sans doute bien pour l’économie wallonne.
Si c’est « l’Ecolo de droite », il n’y aura pas de victoire à court terme. Il y aura éventuellement des listes présentes qui prendront quelques pourcents aux extrémistes de droite pour ceux qui en avaient assez de la particratie, mais ne votaient pas Ecolo parce que trop à gauche et se lâchaient sur les extrêmes de droite.

Si ce n’est ni l’un, ni l’autre, LiDé aura vécu et disparaîtra après avoir vécu et grandit beaucoup trop rapidement pour être stable et viable. Maintenant, tout ceux qui y auront investi du temps pourront toujours se regarder en face dans le miroir et se dire qu’ils ont fait ce qu’ils pensaient devoir faire pour rendre une parole aux citoyens et essayer de démontrer qu’il y a autre chose que la particratie et les petites inimitiés en politique.
Ils pourront regarder leurs enfants droit dans les yeux si tout se termine mal au royaume de Belgique en crise et pourront leur dire : « Tu sais, j’ai fait ce que j’ai pu et je m’excuse envers toi si c’était insuffisant et si finalement, cela n’a rien changé ».

Je pense avoir fait ce que je devais et je veux croire qu’un projet autrement est encore possible. Je l’espère pour mes filles…

1 commentaire:

himself a dit…

Ça c’est de la politique avec des trippes !
Bravo !
A bientôt.