14 mars 2009

De l’art de la manipulation des masses…

Ceci est bien évidemment un texte subjectif… Mais à chaque jour, je le pense de moins en moins…

Une question se pose au préalable: l’ami intime d’un leader populiste peut-il être un démocrate au sens « partage du pouvoir »? Je le suppose car des amis peuvent être complètement différents, avoir des idées différentes mais se retrouver sur l’essentiel.
L’ami intime d’un politicien leader populiste peut-il faire de la politique autrement que ce premier ? J’en suis de moins en moins certain.

Ce n’est sans doute pas maintenant que je devrais me poser la question, mais il y a bien longtemps. Il me faut reconnaître que si ce ne fut pas le cas, c’est principalement parce que la vanité m’avait aveuglé. Avoir sa tête dans les journaux, fussent-ils locaux, pouvoir parler « dans le poste », vous donne une fausse impression d’importance.
Andy Warhol disait : « In the future, everyone will be world-famous for 15 minutes ».
On est plus proche des 5 minutes que des 15 et on ne parle que de faible proximité plus que de monde mais quand même, cette maxime n’est pas fausse.
Et que de compromissions l’on fait alors sans s’en rendre compte… C’est déjà cela, le début de la manipulation : utiliser les faiblesses connues de l’homme.

Aujourd’hui, pour la première fois depuis bien longtemps, j’ai été mis hors de moi par une situation que jamais je n’aurais cru vivre.

Revenons-en aux faits :
La situation avant le forum citoyen (ouvert à tous les citoyens, d’où la possibilité que je l’aborde aujourd’hui sans retenue) où j’allais pouvait se résumer comme telle : un politicien avait fait une infamie (parole injurieuse à l’honneur) en attaquant en dessous de la ceinture (utilisation de l’extrême droite) avec des arguments faux (et qui ont été démontés par les faits), pour essayer de sortir « la tête haute » d’une situation problématique.
J’avais par la suite été « pris à parti » par des personnes qui pensaient maintenant que j’étais représentant d’un parti d’extrême droite… Ce n’était pas humainement acceptable !

D’accord, il ne faut pas se faire plus blanc que la colombe : des erreurs ont été commises dans les deux « camps ». Néanmoins, un amalgame vis-à-vis de l’extrême droite envers les membres d’un parti qui ne vous « suivent pas aveuglément » est d’une bassesse incomparable vis-à-vis de l’annonce sur un forum d’une remise en question de l’omnipotence d’un président qui agissait seul à l’encontre de ses collègues, fut-ce parce que fort d’une aura médiatique.

Le début démarrait fort quand le politicien en question fit son entrée dans la salle sous une salve d’applaudissements : il avait rabattu ses supporters…. Cela promettait du sport.
Ensuite, un long débat de sourds commença, les trois principaux protagonistes exposant leurs visions antagonistes du problème. Les deux premiers démontaient techniquement les attaques passées du politicien, celui-ci s’enferrait dans un discours bien préparé dont il ne sortait pas d’un iota du genre « sans moi, le parti, ce n’est rien », « je suis le président, je négociais donc seul », « j’ai appris par les journalistes mon éviction », etc.
Que de « je », si peu de « nous ».
Que d’approximations :
- le parti n’était MEDIATIQUEMENT rien sans lui, c’est un fait. Mais des centaines de personnes vivent sans médiatisation dans le monde. Peut-on dire qu’ils ne sont « rien » ?
- le président doit-il négocier seul ? Sans doute s’il en a le mandat, pas quand un accord oral le lie avec ses co-fondateurs pour toujours au moins être deux en négociations.
- Peut-on apprendre quelque chose par les journalistes alors que les responsables de cette information certifient, copie de mails à l’appui, qu’ils avaient informé le politicien auparavant et qu’ils en avaient discuté entre quatre yeux trois jours plus tôt ?
- Etc.
Que de manque d’empathie pour ceux qui s’étaient sentis blessés par les sorties « agressives » du politicien.
Bref, on assistait à un débat peu constructif qui ne faisait pas avancer le Schmilblick vers une sortie de crise.

Une chose était néanmoins certaine, il existait une porte de sortie : que le politicien reconnaisse publiquement que son attaque dont la portée avait peut-être été non mesurée était à tout le moins une erreur, devant les faits démontrés.
Par trois fois, cette demande fut faite. Par trois fois, il détourna d’une belle manière politicienne la question sur autre chose. Une question d’orgueil ? Si oui, c’est relativement déplacé… Une stratégie qui ne peut être désamorcée ? C’est ce qui me semble le plus probable. Pas de la politique autrement, en tout cas.
Pourquoi était-il donc venu, si ce n’était pas pour faire amende honorable afin d’essayer de relancer le mouvement ?
Le plan fut découvert lorsqu’il proposa sa solution en conclusion: faire un vote « démocratique » devant une assemblée des membres afin de savoir s’il devait rester président, conserver « son » statut, « son » programme et « sa » vision de la politique.
En clair, il était mathématiquement possible qu’ayant dégoûté et effrayé la plupart des « bien-pensants » grâce à son amalgame avec l’extrême droite, il avait en place une majorité artificielle (celle qui se déplace car motivée par sa présence) pour récupérer « son » parti et sans doute repartir dans la presse avec l’aura de « celui qui aurait nettoyé son parti ».

Une tactique fine qui pouvait fonctionner. C’était assez pour moi, je suis parti et ai claqué la porte dans un éclat de voix. La démocratie ne se pratique pas à la demande, elle se pratique au jour le jour !

J’ai appris par après que la décision finale était un encommissionnement du problème.

Franchement, mon avis personnel est qu’il faut que cela cesse. Visiblement, deux visions s’opposent :
- la démocratique qui veut une direction bicéphale où le débat peut durer longuement entre les membres mais où une décision est prise par une majorité
- et l’autre, individualiste pure, qui vise à une direction toute puissante qui tire tout le monde dans son sillage, quitte à en abandonner sur le bord de la route. Cette dernière peut aussi s’appeler « la fin justifie les moyens » ou « la particratie »… Tiens, ce n’est pas contre cela que le politicien s’était levé originellement afin de changer les choses ? Poser la question, c’est malheureusement y répondre…

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