21 février 2009

Ma démission suite à l’accord entre le MR et Rudy Aernoudt

« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. » (H.Poincaré)

Depuis ma nomination en tant que coordinateur namurois de LiDé, je me suis battu pour regrouper sur Namur des forces vives représentant un mouvement de bon sens, positif, capable de se battre contre la particratie, ouvert aux débats internes et externes et excluant tout extrémisme et poujadisme.
Nous étions quasi en ordre de bataille, prêts à présenter une alternative crédible aux solutions particratiques actuelles, avec comme valeurs de base la performance de l’enseignement, la démocratie directe, le développement durable, l’éthique en politique et dans la société et le libéralisme au sens noble du terme. Une sorte d’Ecolo de centre droite, quoi…

Malheureusement, les réalités de la politique pragmatique nous ont rattrapé. Ce samedi, un accord a été conclu avec le MR afin que LiDé soit (dés)intégré dans ce mouvement multiple et traditionnel. Ceci, malgré la demande de la grande majorité des militants actuels d’aller seul aux élections.

Je me reconnais toujours dans le programme de Bon Sens de LiDé et son objectif ultime : les 10 priorités sinon rien.
Je pense toujours que c’est la meilleure démarche politique qui ait été mise sur pied depuis la fondation d’Ecolo en 1976.
Je suis convaincu que nous avions une chance de présenter une solution positive et démocratique aux votes contestataires.

Néanmoins, ma vision de la politique ne peut s’inscrire dans l’option acceptée par le président lors des négociations avec le seul parti qui ait bien voulu discuter avec nous.

En effet, si je réfléchis à ce que la politique devrait être, je me dis :

1. Au niveau général :
- Le bon sens nous dit que cumuler des mandats et/ou des postes à hautes responsabilités ne peut se faire de manière efficace.
Est-ce qu’il sera encore possible de le dénoncer en interne au MR et être entendu quand on voit les surcharges de certains mandataires? Je ne le pense pas…

- Le bon sens nous dit qu’apprendre plusieurs langues et rétablir la communication entre flamands et wallons est une meilleure solution aux problèmes communautaires que les actuelles bisbrouilles stériles entre communautés.
Est-ce qu’il sera encore possible de le mettre en avant en interne au MR/FDF et être entendu ? Je ne le pense pas…

- Le bon sens nous dit que se battre comme des chiffonniers en campagne électorale avec un parti pour s’associer éventuellement avec lui afin d’obtenir des postes après les élections n’est pas honnête pour le citoyen électeur.
Est-ce qu’il sera encore possible de le dénoncer en interne au MR et être entendu quand on voit par exemple ce qui s’est passé aux dernières élections communales namuroises ? Je ne le pense pas…

- Le bon sens nous dit que le manque de rotation du pouvoir est la cause principale des dérapages et abus en politique.
Est-ce qu’il sera encore possible de s’en émouvoir en interne au MR et être entendu alors qu’il y existe des baronnies communales de 25 ans? Je ne le pense pas…


2. Au niveau local :

- Le bon sens nous dit par exemple que le projet de cité administrative provinciale à Salzinnes en temps de crise - alors que l’on veut rationaliser les niveaux de pouvoir (dont principalement les provinces) et soutenir les commerces du centre-ville - n’est pas dans les priorités des citoyens.
Est-ce qu’il sera encore possible de s’y opposer en interne au MR et être entendu alors que ce projet est porté quasi uniquement par ce parti ? Je ne le pense pas…

- Le bon sens nous dit qu’avoir dans un budget communal plus d’argent prévu pour les fabriques d’églises que pour les écoles alors que les premières se vident et les autres se remplissent est bizarre.
Est-ce qu’il sera encore possible de s’en étonner en interne au MR et être entendu alors que le budget local est géré par le MR ? Je ne le pense pas…

- Le bon sens nous dit que pour avancer, il faut parfois se mettre au dessus de la mêlée, ne pas jouer bêtement la carte « majorité contre opposition » mais bien écouter les autres et réagir avec une certaine ouverture d’esprit à ses opposants politiques, quitte à voter avec une majorité alternative en son âme et conscience.
Est-ce qu’il sera encore possible de le faire en interne au MR quand on voit comment la particratie de tous les partis classiques cadenasse la liberté de penser et de s’exprimer et met de côté les personnes – comme Anne Humblet - qui se sont opposées aux décisions « d’en haut » pour défendre un certain bon sens? Je ne le pense pas et parler pour faire du vent n’est pas dans ma nature…

Il me faut donc tirer ma conclusion personnelle et me retirer de la coordination namuroise de LiDé. De nouveau, non pas parce que je ne crois pas au projet ou à son but ultime, mais parce qu’en mon âme et conscience, je pense que sans l’aura de Rudy Aernoudt, il n’aura plus les armes médiatiques permettant un changement de mentalités et de société tandis qu’avec lui, il cessera d’exister à l’intérieur d’un parti tellement traditionnel.

Je reste néanmoins membre et si un jour, LiDé, ou un parti avec les mêmes valeurs, revenait au devant de la scène mais seul et indépendant, c’est avec plaisir qu’il recevrait tout mon soutien et toute mon énergie. D’ici là, je deviendrai surtout un simple citoyen qui se bat pour faire changer les choses et mettre du bon sens dans les décisions politiques…

Un seul regret néanmoins : que se serait-il passé si Ecolo avait accepté de discuter d’une coalition « d’éthique politique »….

Régis Warmont
Ancien coordinateur de LiDé Namur

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