30 janvier 2004

Blair contre la Presse

Un rapport "indépendant" d'un juge a donc déduit que la BBC était coupable et que le gouvernement anglais était innocent...

Une nouvelle fois, je m'interroge sur la différence entre le "bon sens" et le "jugement de spécialistes". En effet, il me semble que personne n'a de doute sur le fait qu'il n'y avait pas d'armes de destruction massive en Irak.
Personne n'a de doute sur le fait que si les journalistes et les inspecteurs de l'ONU le savaient, les plus haut dirigeants du monde devaient être au courant également.
Personne ne devrait donc avoir de doute sur le fait que les journalistes ont dit la vérité alors que le gouvernement mentait.
Pourtant, ce sont les journalistes que la justice fustige, et pas les dirigeants...

Dans certaines conditions, on peut accepter les mensonges d'hommes politiques dans ce que l'on appelle des "affaires d'état" mais dans ce cas bien spécifique, si l'on regarde de plus près, il n'y a pas directement de raisons valables évidentes pour ce mensonge: les anglais n'avaient pas besoin d'aller en Irak, d'être les "suiveurs" des Etats-unis et n'étaient pas directement menacés...

En clair, je ne vois pas encore les circonstances atténuantes envers le gouvernement anglais mais par contre, je vois énormément de circonstances atténuantes pour la presse dans cette affaire: dire la vérité, dénoncer les magouilles, essayer d'empêcher que des soldats soient envoyés à la mort, etc. On parle ici de la BBC et pas d'une feuille de chou tabloïde quelconque: je pense que le passé de cet organe de presse parle en sa faveur !
Et en plus, Tony Blair demande des excuses...

Non, franchement, ce jugement est sidérant... Mais dans notre monde actuel, qu'est-ce qui ne l'est pas...

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